
Je travaille depuis des années avec des composants électroniques sur des cartes de circuit imprimé, et le package single inline reste l’un des boîtiers les plus discrets et pourtant les plus utiles de l’électronique moderne. Apparu dans les années 1970 chez des fabricants comme Texas Instruments, ce composant compact à brochage aligné sur une seule rangée a équipé des milliers de cartes dans des secteurs aussi variés que la santé, l’industrie et l’informatique.
Dans cet article, je vous propose une plongée claire et concrète dans l’univers du single inline package : sa définition technique, ses caractéristiques physiques comme le pas de broche exprimé en millimètres, et ses différences avec des boîtiers concurrents tels que le DIP ou le SOP.
Vous découvrez aussi les principaux domaines d’utilisation de ce boîtier électronique, des réseaux résistifs aux modules mémoire SIMM, pour choisir et intégrer le bon composant dans vos projets électroniques.
Voici ce que vous devez retenir sur le single inline package.
- Broches alignées sur une seule rangée
- Idéal pour les réseaux résistifs compacts
- Robuste face aux vibrations industrielles
Définition et caractéristiques techniques du single inline package
Le single inline package, souvent abrégé SIP, est un type de boîtier électronique dont toutes les broches de connexion sont alignées sur une seule rangée. C’est cette particularité qui le distingue immédiatement des autres formats d’encapsulation disponibles sur le marché.
Ce que signifie concrètement « single inline »
Le terme « inline » désigne l’alignement en ligne droite des broches. Dans un boîtier à rangée unique, toutes les pattes sortent du même côté du composant, vers le bas, et se plantent dans les trous d’un PCB. C’est simple, presque élégant dans sa conception.
Quand je suis tombé pour la première fois sur un réseau de résistances en SIP dans un projet embarqué, j’ai mis quelques secondes à identifier le composant. Sa silhouette fine et compacte ne ressemble pas grand-chose au DIP classique qu’on voit partout. Pourtant, c’est exactement ce format qui m’a sauvé la mise sur une carte où l’espace était compté.
- Les broches sont toutes alignées sur un seul côté longitudinal du boîtier
- Le boîtier peut être en plastique moulé ou en céramique selon les contraintes thermiques
- Le nombre de broches varie généralement de 2 à 40 selon le composant encapsulé
Les dimensions et le pas de broche
Le pas de broche, appelé pitch en anglais, est la distance entre deux broches consécutives. Pour un SIP standard, ce pas est le plus souvent de 2,54 mm, soit exactement 0,1 pouce. C’est une valeur historique héritée des premières normes JEDEC, et elle facilite le routage sur les PCB à grille standard.
La hauteur d’un boîtier SIP typique oscille entre 5 et 15 mm selon le composant encapsulé. Sa largeur reste très faible, souvent inférieure à 3 mm. C’est précisément cette minceur qui rend le format intéressant dans les designs où l’encombrement latéral est une contrainte réelle.
Un boîtier single inline package peut intégrer jusqu’à 40 broches sur moins de 10 cm de longueur, ce qui en fait l’un des formats traversants les plus denses disponibles pour les réseaux de composants passifs.
Les matériaux et la dissipation thermique
Le boîtier plastique reste le choix dominant pour les applications courantes. Le boîtier céramique, lui, intervient dans des contextes plus exigeants : températures élevées, environnements industriels sévères ou applications militaires. La résistance thermique du boîtier céramique est nettement meilleure, ce qui permet une dissipation plus efficace de la chaleur produite par le composant encapsulé.
Dans mes projets liés au secteur de la santé, j’ai croisé des SIP en céramique dans des équipements médicaux où la fiabilité à long terme primait sur le coût. Ce n’est pas le cas le plus courant, mais ça illustre bien la polyvalence du format.

Différences entre le single inline package et les autres boîtiers électroniques
Comparer les boîtiers électroniques entre eux, c’est souvent l’étape qui fait gagner du temps lors de la conception d’une carte. Chaque format a ses forces, ses contraintes, et ses cas d’usage privilégiés. Le SIP ne fait pas exception.
SIP contre DIP : une rangée de différence
Le DIP, ou Dual Inline Package, est probablement le boîtier traversant le plus connu. La différence fondamentale avec le SIP tient à ce détail : le DIP possède deux rangées de broches parallèles, une de chaque côté du composant. Cela double l’espace occupé sur le PCB en largeur.
Pour un circuit intégré nécessitant de nombreuses connexions, le DIP reste pratique. Mais dès qu’on travaille avec des réseaux de composants passifs comme des résistances ou des condensateurs, le SIP offre une empreinte bien plus réduite. Sur une carte dense, cette différence peut représenter plusieurs millimètres précieux.
- Le DIP occupe deux fois plus de largeur sur le PCB qu’un SIP équivalent
- Le SIP se prête mieux aux réseaux de composants passifs alignés
- Le DIP reste plus adapté aux circuits intégrés complexes à nombreuses broches bilatérales
SIP contre SOP et les formats CMS
Le SOP, ou Small Outline Package, appartient à la famille des composants montés en surface. Contrairement au SIP, ses broches ne traversent pas le PCB : elles se soudent directement sur les plages conductrices en surface. Le gain en compacité est réel, mais la manipulation manuelle devient plus délicate.
Franchement, souder un SOP à la main sans bon matériel, c’est sportif. Je préfère parfois revenir à un SIP dans mes prototypes, même si le résultat final sera en CMS. Le SIP se prête mieux aux phases de test et de validation rapide, notamment sur breadboard ou sur carte de développement.
Dans les années 1980, le passage progressif des boîtiers traversants comme le single inline package vers les formats CMS a transformé la conception des cartes électroniques, réduisant les surfaces de PCB de 30 à 50 % sur certains designs.
SIP contre ZIP et TO-92 : des variantes méconnues
Le ZIP, ou Zigzag Inline Package, ressemble au SIP mais ses broches alternent en zigzag sur une seule rangée. Ce design permet un pas de broche effectif plus serré tout en conservant un espacement physique suffisant entre les broches adjacentes. C’est une solution astucieuse pour les composants à forte densité de connexions.
Le TO-92, lui, est un boîtier à trois broches utilisé principalement pour les transistors encapsulés. Sa forme cylindrique aplatie est immédiatement reconnaissable. Techniquement, on peut le considérer comme un SIP à trois broches, même si personne ne le désigne ainsi dans la pratique courante.
Applications et domaines d’utilisation du single inline package
Le SIP a beau paraître discret, ses applications couvrent un spectre étonnamment large. Des modules mémoire des premiers PC aux équipements industriels actuels, ce boîtier a traversé les décennies sans prendre une ride.
Les réseaux résistifs et les composants passifs
L’application la plus répandue du SIP concerne les réseaux résistifs. Un réseau de résistances en SIP regroupe plusieurs résistances identiques dans un seul boîtier compact, avec une broche commune reliée à une extrémité de chaque résistance. C’est typiquement ce qu’on utilise pour les résistances de pull-up ou pull-down sur des bus de données.
Dans mes projets de développement embarqué, j’en place régulièrement sur les lignes I2C ou sur les entrées de microcontrôleurs. Un seul composant remplace quatre ou huit résistances distinctes. Le gain en temps de soudure et en lisibilité du schéma est immédiat.
- Les réseaux résistifs en SIP simplifient le câblage des bus numériques
- Les réseaux de condensateurs en SIP filtrent efficacement les alimentations
- Les transistors encapsulés en SIP conviennent aux étages de commutation compacts
Les modules mémoire SIMM et l’informatique
Le SIMM, ou Single Inline Memory Module, est l’application la plus emblématique du format SIP à grande échelle. Ces barrettes mémoire, utilisées massivement dans les PC des années 1980 et 1990, connectaient leurs puces RAM à la carte mère via une rangée unique de contacts sur le bord du module.
Les premiers SIMM 30 broches, compatibles avec les processeurs Intel de l’époque, illustrent parfaitement l’intérêt du format : une connexion simple, fiable, et facilement remplaçable. C’est une page importante de l’histoire de l’informatique grand public, et le package single inline en est le héros discret.
Les modules SIMM basés sur le format single inline package ont équipé des centaines de millions d’ordinateurs personnels entre 1983 et le milieu des années 1990, avant d’être remplacés par les DIMM à double rangée de contacts.
Les applications industrielles et médicales
Dans le secteur industriel, le SIP équipe des cartes de contrôle, des capteurs et des modules de communication. Sa robustesse mécanique, liée au montage traversant par soudure, lui confère une tenue aux vibrations supérieure aux formats CMS. C’est un argument de poids dans les environnements soumis à des contraintes mécaniques importantes.
Dans le domaine médical, que je côtoie quotidiennement dans mon travail de développeur à Lyon, les équipements de monitoring utilisent encore des SIP dans leurs cartes d’acquisition de signaux. La fiabilité à long terme et la disponibilité des composants sur plusieurs décennies justifient ce choix, même quand des formats plus récents existent. Ce n’est pas toujours la technologie la plus récente qui gagne : parfois, c’est simplement celle qui fonctionne depuis vingt ans sans broncher.
Ce que vous devez retenir sur le single inline package
Voici les points clés du SIP classés par thème : format, comparaison, matériaux et domaines d’application.
| Thème | Caractéristique | Valeur / Détail |
|---|---|---|
| Format | Broches alignées sur une seule rangée | Pas de 2,54 mm, 2 à 40 broches |
| Dimensions | Hauteur 5 à 15 mm, largeur inférieure à 3 mm | Jusqu’à 40 broches sur moins de 10 cm |
| Matériaux | Plastique ou céramique | Céramique pour les environnements sévères |
| Comparaison | SIP vs DIP : deux fois moins large sur le PCB | SIP vs CMS : plus facile à souder à la main |
| Applications | Réseaux résistifs, modules SIMM, cartes industrielles | Pull-up I2C, mémoire PC, équipements médicaux |
| Atout principal | Robustesse mécanique du montage traversant | Fiabilité sur 20 ans, résistance aux vibrations |
Visualisez le remplacement d’un composant SIP en action
Je vous partage cette vidéo de la chaîne AB Electric, qui illustre concrètement le remplacement d’un composant Single Inline Package. Elle complète parfaitement cet article avec une démonstration pratique de soudure sur PCB. Cette vidéo appartient à AB Electric et non à moi.
Le package single inline, un boîtier qui mérite sa place dans vos projets
Au fil de mes années de développement dans le secteur de la santé, j’ai appris à apprécier chaque composant à sa juste valeur. Le package single inline incarne parfaitement cette philosophie : compact, fiable et facile à intégrer sur une carte de circuit imprimé.
De la conception d’un réseau résistif à l’intégration d’un module mémoire SIMM, ce boîtier électronique s’adapte à de nombreux contextes. Son brochage aligné simplifie le montage traversant et accélère vos séances de soudure, même sur des projets complexes.
Je vous encourage à tester ce composant dans vos prochaines réalisations électroniques. Comme après un bon run matinal sur les pentes de la Croix-Rousse, le résultat vaut largement l’effort fourni.
Questions fréquentes sur le Single Inline Package
Qu’est-ce qu’un Single Inline Package ?
Un Single Inline Package (SIP) est un boîtier électronique qui regroupe des composants sur un substrat étroit. Ses broches sont alignées sur une seule rangée. Je le rencontre souvent dans mes projets : il se connecte directement aux trous d’un circuit imprimé (PCB).
Quelle est la différence entre un SIP et un DIP ?
Le SIP dispose d’une seule rangée de broches, le DIP en possède deux, une de chaque côté. Le SIP occupe donc moins de place sur le PCB. Pour des cartes compactes, je préfère clairement le format SIP quand c’est possible.
Quels sont les avantages du Single Inline Package ?
Le SIP offre un encombrement réduit, une intégration facile et une compatibilité avec les PCB à trous traversants et les montages en surface. Il simplifie aussi le routage des pistes. Dans le secteur de la santé, ces qualités font toute la différence sur des dispositifs miniaturisés.
Dans quels domaines utilise-t-on le Single Inline Package ?
On retrouve le SIP dans la médical, les télécommunications, l’automobile et l’électronique grand public. Les capteurs Reed, les modules mémoire et certains régulateurs de tension adoptent ce format. C’est un boîtier polyvalent que vous croisez plus souvent que vous ne le pensez.
Le Single Inline Package est-il encore utilisé dans l’électronique moderne ?
Oui, le SIP reste pertinent aujourd’hui. Il coexiste avec des technologies plus récentes comme le System in Package (SiP). Sa simplicité de montage et son faible coût lui garantissent une place durable dans de nombreuses applications embarquées et industrielles.
